1931 - 2017

Le regretté Umberto Lenzi, plus connu par certains pour ses films de cannibales, a oeuvré dans tous les genres comme le giallo ou le policier avec des oeuvres souvent intenses.

mise à jour le 4 février 2015

ALMOST HUMAN aka LA RANCON DE LA PEUR aka THE KIDNAP OF MARY LOU aka Milano odia aka la polizia non può sparare, 1974, Italie

Ce cher Umberto savait s'attaquer à absolument n'importe quel genre cinématographique et cela produisait à tout coup un résultat intéressant.  Il met en scène, cette fois-ci, un dangereux psychopathe italien du nom de Julio qui tue son prochain plus souvent qu'il ne change de sous-vêtement - ou plus souvent qu'il ne se rase, comme en témoigne son duvet de séducteur latin des années 70.  Après quelques meurtres gratuits et sans grande envergure, notre Julio décide de kidnapper la fille d'un riche industriel et de demander à celui-ci une rançon considérable.  À l'aide de deux petits malfrats qu'il mène par le bout du nez, il s'exécute donc et les trois voyous décident de tuer la fille quoiqu'il arrive.  Leur chemin sera pavé de sang et de nombreux cadavres, et à quelques lieues derrière eux se dressera le nez du fin limier qu'incarne Henry Silva avec sa subtilité habituelle.  "Crime flick" italien standard, le film nous réserve des gros plans amusants, qui se transforment parfois avec le pan & scan en des images difficiles à identifier.  La finale typique de l'esprit de vengeance des années 70 souffre d'un "flash-back" global en slow motion qu'on aurait facilement pu éviter, mais l'ensemble est charmant, divertissant, et parfois inconsciemment plein d'humour.  Pour amateurs seulement. Orloff

ASSAULT WITH A DEADLY WEAPON, aka Roma a Mano Armata, aka Brutal Justice, aka Rome Armed to the Teeth, 1976, Italie, 1h25.

Tout va mal dans la vie du commissaire Tanzi (Maurizio Merli). En charge de la brigade antigang, il a maille à partir avec sa douce moitié, qui est chargée d'évaluer les mises en accusation et qui laisse filer pratiquement tous les voyous qu'il arrête. Son patron trouve ses méthodes d'arrestation et sa conduite en général trop extrêmes et voudrait bien qu'il opère dans le cadre des lois. Pour couronner le tout, il doit combattre un groupe de dangereux criminels menés au doigt et à l'oeil par Vincenzo (Tòmas Milian), un bossu sanguinaire et impitoyable.

Lenzi signe ici une oeuvre dense et divertissante dont lui seul a le secret. En effet, comment ne pas tiquer devant l'étendue et la qualité constante de sa production de l'époque ? Dès le générique de départ, la musique lourde et efficace de Franco Micalizzi, un maître incontesté du genre, nous donne un aperçu de ce à quoi nous aurons droit; de l'action à l'italienne avec un casting de rêve ! Ivan Rassimov et Arthur Kennedy excellent dans des seconds rôles à leur mesure. On croirait cependant que le récit anecdotique a été construit pour mettre en valeur les méthodes musclées de Tanzi et son attitude. Ce qui ne déplaît pas outre mesure. On n'y utilise cependant pas suffisamment le personnage du truand bossu qu'interprète Milian - pourtant plein de potentiel - et qui a fait quelques apparitions dans d'autres polars de Lenzi (entre autres dans LA BANDE DEL GOBBO, où il se révélait plus humain). Le film a été distribué aux États-Unis en 1982 par une firme vidéo irrespectueuse; ils ont amputé 10 minutes au film, probablement afin d'en améliorer le rythme, ce qui rend quelques scènes un peu confuses. Le film est présenté par une Sybill Danning has-been mais tout de même sexy, qui devait être en fin de carrière. Orloff

BATTLE FORCE aka Il Grande Attacco, 1977, Italie

Je me demandais pourquoi je me retrouvais avec un film sur la fin de la deuxième guerre mondiale quand j'ai vu Edwige French, miss Fenech en personne, dans un petit rôle minuscule. Une grosse production avec Orson Wells à la narration, Henry Fonda, John Huston, Stacy Keach, Helmut Berger, Samantha Eggar et j'en passe. Une grosse production mal foutue, mauvais son, montage incohérent, stockshots mal intégrés, j'en passe. Plein d'ambitions pour pas grand-chose. Dommage. Helmut Berger tire bien son épingle du jeu. Une oeuvre de commande pour Lenzi ? Mario Giguère

BLACK DEMONS aka DEMONI 3 aka Black Zombies, 1991, Italie

Difficile de croire qu'en 1991, Lenzi avait encore les ressources pour réaliser une série b de peu d'intérêt, dans le sillon de THE BELIEVERS ou THE SERPENT AND THE RAINBOW. Une enquête sur la macumba mène un jeune chercheur dans une séance qui l'affecteras au point de ressuciter six zombies qui crient vengeance dans une villa perdue. Piètre acteurs et histoire sans conviction pour une macumba de pacotille. Mario Giguère

BRACELETS DE SANG aka Syndicate Sadists aka Il Giustiziere sfida la citta - Umberto Lenzi avec Tomas Milian, Joseph Cotten, Maria Fiore, Maria Scalia, Luciano Catenacci, Guido Alberti, Ida Galli, 1975, Italie, 93m

Rambo est un ancien gangster qui a décidé de devenir un justicier agissant en dehors des institutions officielles. Lorsqu'un de ses amis, détective privé, a été tué en enquêtant sur l'enlèvement du fils d'un industriel, Rambo entre en action et apprend que le kidnapping est l'oeuvre de Conti et de sa bande. Rambo fait en sorte de lui opposer un autre groupe criminel dirigé par Paterno et son fils. Mais sa stratégie échoue et Rambo se retrouve avec les deux groupes criminels sur le dos. Il ne renonce pas moins dans sa mission de les anéantir et de délivrer l'enfant kidnappé.

Avec un scénario directement inspiré de "POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS", ce film policier italien ne se démarque pas des autres par l'originalité du récit. Seule la présentation d'un héros hirsute et coloré, inspiré indirectement du personnage de Rambo incarné plus tard par Stallone, arrive à contourner les canons habituels du genre. L'accent est mis sur l'action, ce qui taxe quelque peu la logique de l'intrigue. Le tout se suit néanmoins assez bien et Lenzi offre une mise en scène appliquée et adéquate, ne laissant pas de place aux temps morts, comme quoi les recettes habituelles fonctionnent toujours. Ce n'est pas du travail de première main mais ce n'est pas médiocre non plus: du Lenzi bien fait avec ses limites, quoi! Tomas Milian a un jeu assorti à son personnage hirsute (le premier d'une longue série) tandis que Joseph Cotten est plus sobre. Mathieu Lemée

 

CANNIBAL FEROX aka Make Them Die Slowly aka Woman from Deep River, 1981, Italie

Deux filles et un gus s'enfoncent dans la jungle amazonienne. Une des filles est anthropologue et tient à prouver ses dires, comme quoi le cannibalisme n'est qu'une cruelle légende urbaine. Pas de pot, ils tombent nez à nez avec deux truands qui ont en réalité fait les couillons avec une tribu qui veut leur faire leur fête.

Au menu donc: énucléation, castration (avec dégustation du zob, "Where's my Johnson ?" aurait pu dire notre victime), éviscération, démembrementations (ça se dit ça ?), décalotage crânien, énichonération (suspendre une victime par les seins à l'aide de crocs de boucher), piranhasisation, et violence gratuite à l'encontre de plein de bestioles, tel opossum, singe, larve et autre tortue.

Bref, du gore bien trash, mais force est de constater que l'effet gerbif autrefois ressenti s'est quelque peu estompé. Le DVD présente une belle image, un bon son avec une chouette musique pleine de basse funky. J'ai hâte d'entendre ce que Lenzi raconte dans son commentaire pour sa défense !

Le film est en quelque sorte justifié par un message humanitaire, lorsqu'à la fin l'anthropologue publie son bouquin, affirmant qu'effectivement le cannibalisme n'existe pas, malgré le fait qu'elle ai perdu son frangin et sa meilleure amie. Tout ça parce que ces gens ne demandent rien à personne et que la violence engendre la violence. Il faut donc les laisser vivre en paix, et tout le monde s'en portera mieux. Bref, un film à faire voir aux talibans. Kerozene

Voilà un bout de temps que je n'avais pas vu ce film de Lenzi, aussi ai-je répété l'expérience récemment. Que dire de son Cannibal Ferox ? C'est, à l'instar des autres films de Lenzi, extrêmement rapide, nerveux, agressif et dynamique. Le scénario (de Lenzi) offre la belle originalité de raconter deux histoires parallèles (l'une se déroulant à New York, l'autre, en pleine jungle).

Vous connaissez sans doute tous l'histoire : celle d'une jeune thésarde qui s'en va en pleine jungle à la recherche de la preuve que " le cannibalisme n'existe pas ". Elle y rencontrera Mike Logan, une crapule dont les vacheries à l'égard des indigènes finiront par causer leur colère.

Le film est encore plus violent que dans mon souvenir, et, bien entendu, ce qui suscite le plus l'indignation, c'est l'utilisation massive d'animaux massacrés (pour vrai) devant la caméra. De telles pratiques ont fait l'objet de nombreuses discussions sur le babillard du Club des Monstres au fil des années, aussi est-il ici peu pertinent de revenir là-dessus, sinon pour les dénoncer et regretter que Lenzi (et Deodato, Sergio Martino, etc.) soient tombé dans une telle facilité. Après tout, les autres effets spéciaux sont plutôt bien réalisés, alors on aurait pu faire de même avec les animaux... mais tel ne fut pas le cas.

Mis à part cela, le côté " BD sortie de l'enfer " du film permet de relativiser le catalogue d'horreurs déferlant sur l'écran et de prendre le tout avec un grain de sel, malgré l'intensité de certaines scènes. Ce film était réalisé pour donner la nausée au spectateur, et il remplit parfaitement son mandat. On dirait un peu un Indiana Jones démoniaque.

Pour toutes ces raisons, je ne conseille pas Cannibal Ferox aux petites natures (" not for the squeamish ", comme le diraient les publicités des années 60), mais si vous savez à quoi vous attendre, je vous garantis que vous ne vous ennuierez pas. Après tout, si certains critiques peuvent reprocher certaines choses au cinéma d'Umberto Lenzi, ils seraient mal venus de dire que ses films sont endormants... Howard Vernon

Le CLAN DES POURRIS aka Tough Cop aka Free Hand for a Tough Cop aka Il Trucido e lo Sbirro, 1976, Italie, 1h29

Une fillette a été enlevée par une équipe d'impitoyables truands menés par Brescianelli (Henry Silva), et la police décide de mettre un flic dur à cuire, le commissaire Antonio Sarti (Claudio Cassinelli), sur l'affaire. Il fera appel pour l'aider à un attachant prisonnier surnommé "Poubelle", Monnezza (Tomas Milian, perruque afro à l'appui) et ce dernier, après avoir tout d'abord refusé, déploiera maintes ruses, tantôt tordues, tantôt hilarantes, pour essayer de retrouver les gangsters et la kidnappée.

Umberto Lenzi avait, dans les années '70, le chic pour torcher des polars de choc honnêtes et captivants. Il ne fait ici pas exception, et ce film se veut le compagnon de LA BANDA DEL GOBBO, dans lequel Milian personnifie aussi Monnezza. On reconnaît d'ailleurs une des maisons de campagne employée dans ce dernier film, qui sert ici encore une fois de théâtre à une fusillade. Le scénario est simple, mais solide; une histoire de kidnapping traitée rapidement et sans temps morts, avec des personnages tous plus louches les uns que les autres. Cassinelli y est fort crédible en flic violent, et personne n'aurait mieux rendu l'infâme voyou kidnappeur que Silva (que l'on a aussi vu dans CRY OF A PROSTITUTE et dans IL BOSS). Ce dernier suinte carrément la méchanceté et est d'une dureté cassante, utilisant à plusieurs reprises l'énigmatique expression "moujingue" pour qualifier la petite kidnappée. Dans une scène où des voyous attaquent un cinéma pour en vider la caisse, nous apercevons à quelques reprises une affiche de SALON KITTY, de Tinto Brass. La musique a de bons moments mais demeure la majorité du temps bien standard; Lenzi allait plus tard s'allier à Franco Micalizzi pour THE CYNIC, THE RAT & THE FIST et VIOLENT PROTECTION, qui bénéficient sans aucun doute des meilleures trames sonores de thrillers spaghetti que j'aie jamais entendu. Orloff

COP TARGET - Umberto Lenzi, 1990, États Unis/Italie

Le Lenzi de 1990 est un Lenzi essoufflé. Robert Ginty est un flic débonnaire sur la corde raide qui part en Amérique du sud afin d'escorter la femme d'un diplomate américain décédé et de sa fille. Plein d'humour, le flic sait se faire apprécier et on rigole bien lorsqu'il roule en bagnole méga-pourrave, et s'entend mal avec la femme du diplomate. Arrivés sur place, la fille se fait kidnapper. Mais tout rentrera dans l'ordre, ne vous en faite pas. Un peu de
fusillade, des gags nazes... Ce film ressemble plus à un mauvais épisode de MIAMI VICE qu'à autre chose. Kerozene

COSI DOLCE... COSI PERVERSA aka So Sweet... So Perverse aka Si Douces... Si Perverses - Umberto Lenzi, avec Jean-Louis Trintignant, Erika Blanc, Carroll Baker et Horst Frank, 1969, Italie, France/Allemagne

Jean Reynaud (Jean-Louis Trintignant) est un riche industriel et comme sa femme Danielle (Erika Blanc) se refuse à lui, il multiplie les maitresses. Un jour, il croise sa voisine (Caroll Baker) de l'étage supérieur et celle-ci oublie un bijou. Voulant le lui remettre, il se heurte à une porte close. Le lendemain, il entend les cries de cette dernière et entre indiscrètement dans l'appartement. Il découvre derrière un rideau une panoplie d'armes blanches, fouets et divers objets du même acabit. Cette dernière est surprise de sa présence et lui raconte épleurée qu'elle est constamment menacée et violée à répétition par son ami de coeur Klaus (Horst Frank). Intrigué par sa beauté et voulant à la fois la protéger et l'avoir dans son lit, il se rapprochera d'elle. Lors des jours suivants, il tombera amoureux d'elle et il devra lui aussi subir les multiples attaques de Klaus.

Fruit d'une coproduction Italie, France et de l'Allemagne, ce film produit par les frères Martino offre divers extérieurs de Paris et offre comme vedette Jean-Louis Trintignant. De l'Italie le film bénéficie des présences d'Erika Blanc, de Carroll Baker et d'une musique tout en thriller et douce de Riz Ortolani (la trame sonore est très éloignée de celle majestueuse de Cannibal Holocaust) et de l'Allemagne... Il y a Horst Frank (vu dans The Cat'O Nine Tails et dans divers westerns). Le film offre une réalisation des plus soignée et aux couleurs vives, le ton est très classique et force est d'admettre qu'après les 4 premiers gialli de Lenzi, ce beau style s'évaporera pour plus d'opportunisme et d'actions parfois primaires. Les quatre acteurs principaux sont parfaits. En particulier Carroll Baker qui ici, joue un personnage contraire à celui qu'elle avait dans Orgasmo. Ici, comme les gialli d'avant The Bird With The Crystal Plumage, le film ne montre presque pas de plans d'un tueur aux gants noirs, mais traite encore une fois de manipulations. En effet, peut être influencé par Les Diaboliques et même par Psycho... Puisque le personnage de Jean-Louis Trintignant présent dans pratiquement tous les plans sera atrocement poignardé après une heure. Pour laisser place à une machination entre les 3 autres personnages principaux. Mais par la suite, Daniele et Carole seront menacées de mort et l'intrigue devient de plus en plus tordue. Les personnages ont tellement un double visage que l'on peut même croire que la mort de Jean est fausse. Bref, il s'agit d'un excellent Umberto Lenzi et l'apport des Martino et surtout du célèbre scénariste Ernesto Gastaldi (qui écrira pratiquement tous les gialli de Sergio Martino et encore bien plus de gialli) y sont forcement pour quelque chose. Le film après avoir existé sur vidéo dans des formats atrocement pan&scanné est aujourd'hui disponible uniquement en Italie sur format DVD avec une image panoramique (2:35 1) et riche en couleur. Mais par contre, méfiez-vous du dvd Kiss me, kill me qui est offert sur Amazon. Celui-ci offre des les mêmes crédits que Così Dolce... Così Perversa, mais est en réalité Baba Yaga. Black Knight

Le CYNIQUE, l'infâme, le violent aka Il Cinico, l'infame, il violento aka The Cynic, the Rat & the Fist - Umberto Lenzi avec Maurizio Merli, Tomas Milian, John Saxon, 1977, Italie, 95m 

Ce polar d'action typiquement italien des années 70 marque la troisième collaboration entre le réalisateur Umberto Lenzi et l'acteur Maurizio Merli, qui reprend son personnage du commissaire Tanzi. Le compositeur Franco Micalizzi est également de retour à la trame sonore.

Tanzi, cette fois, a démissionné des forces de l'ordre pour se reconvertir dans le roman policier (!!!). Un criminel évadé, surnommé le Chinois (Tomas Milian jubilatoire) veut se venger de lui pour l'arrestation dont Tanzi fût responsable. Tanzi, bien entendu, échappe à un attentat et se remet en piste pour arrêter le Chinois définitivement. Il se rend donc à Rome pour se faire et il apprend que le Chinois s'est mis au service d'un gangster américain DiMaggio (John Saxon) qui dirige le racket de la protection. Tanzi fait alors en sorte de créer de la dissension entre les deux criminels et le tout se termine par une confrontation définitive.

Lenzi ne renouvelle pas le genre dans ce film d'action, mais il livre le minimum syndical, ce qui ne devrait pas décevoir les aficionados. Bagarres, poursuites, fusillades, quelques scènes chocs retiennent l'attention, soulignant à plaisir les méthodes violentes du flic à l'écran incarné habituellement par Merli, et du criminel de choc joué suavement par Tomas Milian, toujours à l'aise dans ce genre de rôle de composition. John Saxon complète le trio du titre, dont la référence au western de Leone est évidente, sans effort. S'il n'est pas le meilleur ni le plus spectaculaire du genre policier italien des années 70, il n'est pas décevant non plus et peut être une bonne initiation pour celui qui n'a pas vu ce type de film. Bref, 95 minutes de divertissement au rythme soutenu. Mathieu Lemée

 

EATEN ALIVE aka La Secte des Cannibales aka Mangiati vivi , 1980, Italie 

Une jeune femme ( Janet Agren ) part à la recherche de sa soeur, disparue chez une secte en plein coeur de la jungle, près des cannibales. C'est un gourou dément ( Ivan Rassimov ) et sadique qu'elle trouvera, avec l'aide d'un mercenaire de fortune ( Robert Kerman ).

Clairement inspiré par le drame de la secte du révérend Jones, Eaten Alive est le deuxième film de la trilogie de films cannibales de Lenzi. Il conserve quelques scènes du premier film pour une séance de repas cannibale. Il reste que le film se concentre sur cette secte de purification sans trop de surprises. Heureusement Ivan Rassimov est en forme et Janet Agren est fort agréable à l'oeil. Je préfère de loin The MAN FROM DEEP RIVER et CANNIBAL FEROX. Les scènes de cruauté animale sont nombreuses et non justifiables, encore une fois, et parsèment le film un peu n'importe comment. Mario Giguère

Encore un film qui me confirme dans mon idée que Lenzi, c'est pas d'la balle!

En plus, je me suis farci à tous les coups une version cut, puisqu'il n'y a aucune scène de cannibalisme et que ça dure 1h15 !?? Et puis, cette histoire de gonzesse qui cherche sa soeur connement embrigadée dans une secte planquée dans la jungle me laisse froid... Même si les filles sont pas mal, surtout la blondasse, elles ne sont pas trop mises en évidence malgré quelques nudités (qui tiennent le spectateur en éveil).

En gros, on peut dire que Lenzi emmerde, comme dans son "avion de l'apocalypse" où je m'étais carrément endormi...

Je préfère encore "la rose de fer"!! ha ha ha ha ha ha! Franfran

Lenzi a, en gros, réalisé 3 films de cannibales :

- AU PAYS DU SEXE SAUVAGE (titre français bien garni pour MEN FROM DEEP RIVER) 

- CANNIBAL FEROX et 

- EATEN ALIVE 

Ce dernier est, à mon sens, le plus faible du trio. C'est également un film empreint d'une idéologie assez douteuse qui, malheureusement pour lui, n'est guère à l'avantage du cinéaste Lenzi. C'est en effet ce dernier qui a écrit le scénario... Un scénario assez misogyne, souvent brutal et qui, pour en arriver à une sorte de dénonciation de l'emprise des sectes, emprunte des raccourcis assez discutables, d'un point de vue éthique. Quand on veut donner des leçons et donner dans la critique sociale, on doit quand même réfléchir à notre façon d'y parvenir.

Dans le cas présent, Lenzi nous raconte l'histoire d'une jeune femme à la recherche de sa soeur disparue. Son motif de base semble désintéressé, mais elle recevait régulièrement de gros chèques de sa soeur, et c'est l'arrêt de ces envois qui la pousse à vouloir la retrouver.

On se retrouve donc en Nouvelle-Guinée. L'héroïne (Janet Agren, au visage en lame de couteau) fait appel aux services d'un aventurier qui, moyennant une somme confortable, accepte de l'aider...

Mais voilà : la soeur est plus ou moins prisonnière d'une secte située au milieu d'une forêt entourée de cannibales.

Meurtres (réels) d'animaux, violences souvent nauséeuses, goût pour la scène crue souvent hideuse et jamais esthétique... On peut apprécier ou non, mais le film nous laisse une impression assez curieuse.

Comme toujours, chez Lenzi, il y a peu de temps morts, mais, cette fois-ci, on a quand même l'impression qui l'ensemble ne lève pas, ou alors assez péniblement. Je ne dirais pas que le film est un navet (la technique est valable, malgré une interprétation assez moyenne, surtout Janet Agren : il faut la voir dire qu'elle a peur d'une voix neutre avec une expression faciale ad hoc), mais c'est loin d'être le meilleur Lenzi. Il s'agit, somme toute, d'un film assez oubliable, inspiré d'histoire vraie, au demeurant. Howard Vernon

ÉCHEC AU GANG aka La Banda Del Gobbo aka Brothers Till we Die aka Brothers Forever, 1977, Italie, 1h34

Un bossu un peu retors, Vincenzo (Tomas Milian), planifie le hold up sans violence d'un fourgon bancaire au beau milieu de l'après-midi. Ses compères, craignant d'être reconnus par les flics en raison de la bosse de leur ami, décident de lui régler son compte pendant le vol. Mais ils le ratent et celui-ci décide de se venger avec l'aide de son frère jumeau, un idiot à afro travaillant dans un garage (Tomas Milian). Il se vengera selon le code cinématographique italien tout en évitant les pièges que lui tendent la police.

Voici une des six collaborations de Lenzi avec Milian (ALMOST HUMAN, SYNDICATE SADISTS) - qui, luxe supplémentaire, signe ici les dialogues - et sans doute celle où le talent de l'acteur cubain éclate le plus. Il y reprend le rôle du bossu qu'il tenait aussi dans VIOLENT PROTECTION en '76. On a même droit, dans une des toutes premières scènes, à un clin d'oeil à ce film lorsqu'on entend en sourdine le succès MAN BEFORE YOUR TIME dans la radio automobile de Vincenzo. Le bossu ne s'aime pas beaucoup et boit constamment, et il est du genre à se parler dans le miroir. Milian effectue aussi un tour de force en jouant le frère du bossu, affublé d'une affreuse perruque et d'une barbe, rôle qu'il avait auparavant développé dans FREE HANDS OF A TOUGH COP aux côtés d'Henry Silva. Le récit, quoiqu'un peu confus, soulève tout de même un certain intérêt, et les scènes comiques se multiplient à toute vitesse. Certains dialogues sont particulièrement savoureux; je pense ici au délire de Milian quand il est interrogé par les policiers et qu'il croit voir Jésus, ou encore aux quelques gags gros comme le bras tel celui de l'Albanais. La réalisation de Lenzi est alerte, et il parvient même à un moment à glisser dans le récit une poursuite automobile tout à fait gratuite. La musique de Franco Micalizzi n'est pas dégueulasse, et ponctue les élans de gangstérisme avec une élégance toute italienne. Un grand Lenzi. Orloff

EYEBALL aka Gatti rossi in un labirinto di vetro, 1975, Italie/Espagne

Je viens juste de me taper ce film de Lenzi (en vu d'un travail)... Pas mauvais. En fait, il est assez entertaining... Beaucoup plus que son infamous Make Them Die Slowly (aka Cannibal Ferox.. Mais ça, on le sait tous déjà!)... sauf que le Dvd de ce dernier (sur lequel je viens juste de mettre la main) est fantastique... Le transfert bien normal, mais les extras et les menus jouissifs... Pour revenir à Eyeball, disons qu'il y a une intéressante utilisation du zoom (très cheesy, je l'admets). Mais ses changements de scènes, avec des  zoom in -> zoom out, sont non seulement des relations graphiques (et/ou de teintes et textures) mais amène un symbolisme en plus d'ajouter au "suspense -l'identité du tueur-" du film... Un peu comme on retrouve dans  Don't Look Now de Nicolas Roeg ou les films de Fulci. Gore Monger

FROM CORLEONE TO BROOKLYN aka Da Corleone à Brooklyn, 1978, 1h30

Un italien pas net se planque à New York après avoir assassiné un gros ponte de la mafia sicilienne. Le commissaire Berni (Maurizio Merli, moustachu et pétillant) cherche à tout mettre en oeuvre pour le rapatrier au pays afin qu'il soit jugé, mais le système judiciaire labyrinthique auquel il se retrouve confronté ne permet l'emprisonnement du criminel qu'aux États-Unis, s'il y est jugé. Et pour être jugé, il faudra que le seul témoin de son forfait encore vivant, un voyou sans envergure (Biagio Pelligra), se rende à New York pour témoigner. Débute alors un long voyage semé d'embûches alors que le voyou et le flic valeureux cherchent à traverser l'Atlantique...

Dernier véritable polar d'importance dans la carrière d'Umberto Lenzi, FROM CORLEONE TO BROOKLYN se démarque de ses prédécesseurs par un rythme beaucoup plus lent et un climat plutôt mélancolique. La réalisation s'éloigne des excès habituels du genre et demeure au service du récit, lequel est fort bien mené. Maurizio Merli est plus sobre qu'à son habitude, et ne se lance que rarement dans les prouesses physiques qui caractérisent habituellement ses performances. Laura Belli, qui personnifie sa femme - et qui ne sera là que le temps de quelques scènes - présente une ressemblance frappante avec Marina Orsini. La musique de Franco Micalizzi est majestueuse, et ponctue les moments forts du récit d'une façon très efficace. Bref, on ne s'ennuie pas, même si l'ensemble n'a pas les vertus divertissantes des films un peu plus déjantés de Lenzi... Orloff

GHOSTHOUSE aka La MAISON DU CAUCHEMAR aka La CASA 3 - Umberto Lenzi, 1987, Italie/États Unis

Un soir, la gentille famille catholique Baker se fait décimer d'une bien étrange et surtout très sanglante façon... Vingt ans plus tard, un radio amateur capte un message mystérieux sur son CB. Curieux, il traque l'origine du message et tombe sur un autre radio amateur squattant la vieille demeure des Baker abandonnée depuis le tragique événement. Problème: la radio ayant émit le message réceptionné n'a pas encore été branchée... C'est que la maison est hantée par la petite fille Baker et sa poupée-clown.

Umberto Lenzi tente de recycler quelques éléments de certains titres de gloire du cinéma fantastique moderne avec un manque de panache quasi éprouvant. Les emprunts les plus évidents étant la mélodie enfantine obsédante accompagnant chaque apparition de la poupée-clown qui ramène à SUSPIRIA et ses murmures angoissants, le clown quant à lui rappelle inévitablement POLTERGEIST, film rappelé pas moins de trois fois supplémentaires au cours du récit (chambre d'enfant dans laquelle les objets volent dans les airs, visage soudainement ensanglanté devant un miroir et bassin rempli de squelettes dans lequel tombe l'un des protagonistes). En plus de cela, le film a été vendu en Italie sous le titre LA CASA 3, autrement dit la suite d'EVIL DEAD 2...

Mais soyons honnêtes, de tels emprunts sont habituels au cinéma de genre transalpin et ne peuvent empêcher d'apprécier un film si celui-ci est bien foutu. Malheureusement il en est tout autre en ce qui concerne le traitement de cette histoire à l'écriture bâclée et à la réalisation sans inspiration. Nous sommes en 1987, l'horreur à l'Italienne est sur le déclin depuis quelques années déjà et ce GHOSTHOUSE semble bien proche du fond. Les effets gores plutôt efficaces ne sauront rattraper la médiocrité de l'entreprise, et le jeu des acteurs achève de rendre le film ridicule. Et surtout, qu'est ce qu'on s'ennuie...

Comme les lois du retitrage n'existent pas, ce film connu certaines "suites", à savoir LA CASA 4 (WITCHERY) de Fabrizio Laurenti, LA CASA 5 (BEYOND DARKNESS) de Claudio Fragasso également appelé HOUSE V aux États Unis... sans compter qu'en Allemagne on a pu voir sortir GHOSTHOUSE II (THE OGRE de Lamberto Bava), GHOSTHOUSE 3 (LA CASA DELLE ANIME ERRANTI; aka: THE HOUSE OF LOST SOULS de Lenzi) et GHOSTHOUSE 4 (LA CASA DEL SORTILEGIO; aka: HOUSE OF WITCHCRAFT de Lenzi toujours)... De quoi en perdre son latin. Kerozene

la GUERRE DES GANGS aka Milano rovente, 1973, Italie

Polar violent des 70's du sieur Lenzi mettant en scène un conflit entre le magnat de la prostitution milanaise, un sicilien macho superbement typique, et un marchant d'héroïne homosexuel d'origine française. Le gang du français va faire une razzia chez les putes,

leur écorchent les seins, balafrent le visage, écrasent des clopes sur leur poitrine...   Radical. La scène la plus dure montre un sicilien se faire torturer à coup d'électrode sur les testicules. Digne d'un Ilsa ! Un peu de chair féminine, un peu de violence, de machisme, de dialogues bien torchés, et une bande son agréable, voila un polar cool avec une bonne fin. Merci m'sieur Lenzi. Kerozene

La GUERRE DU FER aka La GUERRA DEL FERRO aka IRONMASTER - Umberto Lenzi, 1982, Italie/France

Suite au succès de LA GUERRE DU FEU, Lenzi s'attaque au bien nommé LA GUERRE DU FER. Oubliez l'approche anthropologique du film de Jean-Jacques Annaud car nous sommes ici en présence d'un pur produit d'exploitation qui n'a d'autre prétention que de ramasser des pépettes sur le sillage de son prédécesseur (on s'en doutait, me direz-vous). Nous faisons donc la connaissance d'une tribu de poilus vivant dans des cavernes et parlant très bien le Français. Le fils du chef de la tribu, prénommé Voud (George Eastman qui porte à merveille le pantalon en peau de furet), rongé par d'envahissantes ambitions, décide d'assassiner son père lors d'une partie de chasse à l'aide d'un gros coup de marteau sur le crâne. Mais son camarade Ella, incarné par un culturiste blondinet du nom de Sam Paco, est témoin de la scène. Du coup, Vaud se fait bannir par les siens pour meurtre avec préméditation. Fâché, Voud part bouder au pied d'un volcan. Soudain, une étincelle attire son attention. Voud s'approche, et là, Voud découvre un bâton à la solidité sans pareil. Il est lourd, il est solide, et il fait "gling" quand tu le frappes sur de la pierre. Voud a découvert le fer. Ne se sentant plus pisser, il retourne dans sa caverne, clamant à tue tête qu'il est un élu du Dieu du volcan, et que grâce à sa nouvelle arme, il règnera sur le monde entier ! Du coup, il en profite pour bannir Ella à grands coups de pied au cul, et commence alors sa campagne électorale en massacrant les tribus voisines, violant les femmes et réduisant les hommes à l'esclavage dans le but de les exploiter dans sa nouvelle mine de fer. Y a pas à dire, Voud est un sacré précurseur pour son époque ! Jugez un peu: il a découvert le fer, il a mis sur pied un régime politique dictatorial et a inventer l'esclavagisme. Un grand homme. Toujours est-il qu'Ella, de son côté, se fera accueillir par une tribu pacifiste, une sorte de repaire de soixantuitards avant l'heure (c'est le cas de le dire) que l'avancée des troupes de Voud inquiète tout de même quelque peu. Mais ces pacifistes sont des malins, et ils mettront sur pied de quoi faire face aux armes de fer de l'armée de Voud.

Que voila une belle bisserie remplie d'aberrations ! Le résumé parle pour lui-même, et de ce côté là, pas la peine d'en rajouter. Mais Umberto lenzi, en bon vieux routard, s'en tire avec les honneurs. On ne peut que prendre plaisir aux pérégrinations d'Ella hors de son clan, et encore plus aux aventures de Voud. George Eastman semble se régaler et il cabotine gaiement en faisant la grimace dans ses habits de peau de bouc visiblement trois tailles trop courtes pour son gabarit. Donc, une fois accepté le fait que le vocabulaire de ces hommes "primitifs" est effectivement très élaboré, et une fois accepté le fait que ces hommes sachent forger des épées moins de 24 heures après la découverte du fameux minerai, on se régale devant une aventure au message pacifiste écrasant. Un message que malheureusement personne ne semble avoir pris au sérieux jusqu'à maintenant. Kerozene

HITCHER IN THE DARK aka Paura Nel Buio - Umberto Lenzi avec Joe Balogh, Josie Bissett, Jason Saucier, 1989, Italie

Un jeune homme conduit le camper de son père dans les environs de Virginia Beach. Il kidnappe des jeunes femmes pour, tout d'abord, les endormir et pour ensuite les prendre nues en photos et finalement pour les tuer. Un jour, il prend en stop Daniela et il s'en amourache. Celle-ci, lui rappelle un amour de jeunesse. Le petit ami de cette dernières tentera de lui venir en aide en parcourant les autoroutes.

Produit par Joe D'Amato et réalisé par Umberto Lenzi, il s'agit d'une petite production Filmirage. Les deux nous ont déjà habitués à mieux et celui-ci est assez terne dans sa mise en scène des plus limité. Nous avons affaire ici à un film de petit calibre. Mais c'est quand même mieux qu'un écran blanc. Il y a une bonne scène où une victime est dévorée par des crocodiles et il y a Josie Bissett qui agrémente vraiment le film avec une douce nudité. Celle-ci est dans son premier film et elle connaîtra une bonne carrière à la télévision avec notamment 7 saisons dans Melrose Place. Et elle fera une apparition dans THE DOORS. Ce film n'est guère à conseiller, mais si vous êtes un mordu du genre, c'est quand même à voir au moins par nostalgie du genre. La musique de Carlo Maria Cordio est, comme d'habitude, des plus ordinaires... Il est en quelque sorte le bouche trou quand Fabio Frizzi et Claudio Simonetti n'y sont pas. Black Knight

The HOUSE OF WITCHCRAFT aka La casa del sortilegio - Umberto Lenzi avec Andy J. Forest, Sonia Petrovna, Susanna Martinková, Paul Muller, 1989, Italie

Luke est dans une institution psychiatrique et il a le rêve récurrent qu'il se fait poursuivre par des chiens et qu'il entre dans une maison isolée pour trouver une vielle et horrible sorcière qui fait bouillir une réplique de sa tête. Le lendemain, son infirmière lui recommande de prendre un peu de repos à l'extérieur de la clinique. Son ex-femme l'amène donc dans une maison de leur famille qui s'avère être la réplique parfaite de la maison de ses cauchemars. Mais pendant la route, ils manquent de se faire tuer par une voiture qui fonçait sur eux. Les 2 conducteurs sont morts sur le coup et sur les conseilles de son ex-femme, ils laissent les cadavres là. Aussitôt arrivé, ils s'installent et pendant la nuit, Luke voit par la fenêtre la sorcière qui assassine un prêtre. Luke sort de la maison et il voit son ex-femme dans un état de somnambulisme. Le lendemain, d'autres invités arrivent, il y a des événements de plus en plus bizarre comme si la maison était hantée et il y aura des meurtres.

Il s'agit de l'un des 4 téléfilms que Lucio Fulci et Umberto Lenzi avaient réalisé pour Vipco. Fulci avait fait HOUSE OF CLOCKS et THE SWEET HOUSE OF HORROR, tandis que Lenzi avait fait celui-ci et THE HOUSE OF THE LOST SOULS. Pour celui-ci, Lenzi a fait du bon travail (il est un technicien hors pair) et son film malgré un petit budget contient pas mal tous les éléments des films de maisons hantées (chat noir, panne d'électricité, porte qui se referme, etc.) et le film de tueurs en série. La musique est de Claude King qui cache, en fait, Claudio Simonetti et la cinématographie est par le vétéran Giancarlo Ferrando (TORSO, ALL THE COLORS OF THE DARK, YOUR VICE IS A LOCKED ROOM AND ONLY A HAVE THE KEY et plus de 106 autres films). Alors la petit budget ne se voit presque pas sinon en raison du lieu presque unique... À cela, le film offre un petit rôle à Paul Muller un vétéran des films de Franco. Bref, je trouve le résultat quand même pas mal. Ce n'est pas aussi bon que GHOSTHOUSE qui a été fait lors de ces années là, mais c'est quand même réussi. Pour moi, il s'agit d'une heureuse surprise. Black Knight

KNIFE OF ICE aka Il coltello di ghiaccio - Umberto Lenzi avec Carroll Baker, Evelyn Stewart et Alan Scott, 1972, Italie

Martha est muette depuis la mort de ses parents par un train. Elle va à la maison de son oncle afin de passer quelques jours de vacances et sa cousine vient faire un tour. Bientôt, un mystérieux tueur sexuel aux gants noirs fait des ravages dans le voisinage. Après chacun de ses meurtres, il laisse des symboles diaboliques sur son passage. La cousine sera la première des nombreuses victimes. Son oncle, son médecin et les détectives essaient de démasquer le coupable.

Le film offre une réalisation solide et une excellente musique. Mais le film offre des scènes de violence très sage... À l'exception de l'ouverture du film qui offre des images insoutenables d'un taureau mis à mort pour un toréador des plus sadiques. Sinon, le film est tout à fait correct et offre une conclusion inattendue. Un film valable, mais quelques autres des giallos de Lenzi y sont supérieur comme PARANOIA et surtout OASIS OF FEAR. À voir malgré tout. Black Knight

  KRIMINAL - Umberto Lenzi avec Glenn Saxson, Helga Liné, Andrea Bosic, Italie, 1966, 95m

Adaptation d'un fumetti tellement sadique et érotique qu'on a un tantinet calmé ses ardeurs. En effet, Kriminal, avec son habit de travail sous forme de collant au dessin stylisé de squelette, n'a aucun scrupule à tuer qui que ce soit pour bassement s'enrichir. Les surprises abondent et on donne le ton en débutant par sa mise à mort par pendaison dont il se tire, évidemment, le tout orchestré par l'inspecteur Milton, plus surprenant, qui tente ainsi de récupérer la couronne de la Reine, volée par le criminel. Le méchant échappe évidemment facilement à la filature des forces constabulaires, incompétente comme dans bien des films du genre. S'orchestre alors, dans une nouvelle intrigue, un vol de diamants spectaculaire, que pensait perpétrer Kriminal, mais qui s'avère bien plus compliqué. La présence de la sulfureuse Helga Line dans le rôle de deux femmes identiques est donc au coeur d'une vaste machination ou Kriminal, usant de multiples déguisements, à l'instar de Fantômas, mettra bien du temps pour découvrir les multiples supercheries au fil du complot, de Londres à Istanbul.

Umberto Lenzi est en forme dans cette adaptation de bande dessinée qui ne renie pas ses origines en débutant par un générique animé du plus bel effet. Glenn Saxson est le super criminel qui passe du rôle de playboy à celui d'ouvrier de basse besogne au cambrioleur meurtrier avec une aisance remarquable. Son adversaire principal, outre Milton, qui est régulièrement en retard sur Kriminal, est Helga Line, resplendissante dans une série de costumes révélant sa longiligne silhouette aux yeux charmeurs. On reconnaît sous les traits d'une brute le regretté Ivano Staccioli, second couteau toujours apprécié. Le film multiplie les voyages et offre de magnifiques plans d'Istanbul, très prisée pour les aventures exotiques. La musique de Romano Mussolini est un petit bijou et il est regrettable de ne pas l'avoir entendu plus souvent. J'ai rarement vu un Umberto Lenzi emballer un film aussi enlevant, loin des horreurs de ses cannibales ou de la violence de ses giallos. Mais Kriminal n'attire pas nécessairement la sympathie, nous rappelant sans cesse qu'il est constamment d'une cruauté qui lui semble banale, éloigné, pour prendre un exemple connu, du Diabolik de Bava À voir.

En suppléments sur l'édition d'Artus Films - Il était une fois Kriminal, magnifique entretien avec Umberto Lenzi - Umberto Lenzi, par David Didelot - un diaporama d'affiches et photos et les bandes-annonces de la collection Ciné Fumetti. Offert en versions française et italien sous titres français. Mario Giguère

La MALLE DE SAN ANTONIO aka PISTOLETS POUR UN MASSACRE aka UNA PISTOLA PER CENTRO BARE aka PISTOL FOR A HUNDRED COFFIN aka A GUN FOR ONE HUNDRED GRAVES - Umberto Lenzi, Italie/Espagne, 1968

Jim Slade est un gars bien: par conviction religieuse, il ne boit pas d'alcool et il refuse de toucher une arme à feu. Voila qui pose problème lorsqu'on est soldat pour le compte de l'armée sudiste ! Il ne veut pas toucher son flingue pour buter du méchant nordiste ? Alors ni une ni deux, Jim Slade termine la guerre de sécession en prison pour être finalement relâché à la fin de celle-ci. Jim est heureux de rentrer chez lui et de retrouver ses parents. Malheureusement, une mauvaise surprise l'attend : les corps sans vie et encore chauds de sa mère et de son père gisent sur le sol de la demeure familiale. Fou de rage, il jure de tuer les responsables de son nouveau statut d'orphelin et apprend à se servir du six-coups. Notre buveur d'eau atterri alors dans un petit village très convoité par une bande de pilleurs de banque qui attend l'arrivée d'une grosse somme d'argent. Or, par un heureux hasard, le chef de ces pillards n'est autre que le responsable du massacre de ses parents. Avec l'aide des villageois et d'un prêcheur à la gâchette facile incarné par John Ireland, Jim Slade s'apprête à faire face à son ennemi et à ses sbires. La malle du titre n'est autre que la malle contenant l'argent tant convoité et qui sera utilisée afin de tromper le méchant.

Umberto Lenzi signe ici un western conventionnel tristement plat. La mise en place des personnages est expédiée en deux coups du cuillère à pot et les éventuels rebondissements sont bien trop prévisibles. Peter Lee Lawrence, qui incarne Jim Slade, est aussi terriblement mauvais. Il est vrai que le doublage français qui l'affuble d'une petite voix limite efféminée n'arrange pas les choses. Lenzi accumule les plans déjà classiques inspirés des films de Sergio Leone sans toutefois parvenir à faire décoller le métrage. Comme quoi, il ne suffit pas de réussir quelques plans pour faire un grand film. Mais heureusement, il nous réserve une bonne surprise au milieu du récit, lorsque les pensionnaires d'un asile de fous provisoirement enfermés chez le shérif, s'échappent de leur cellule pour semer la zizanie dans le village: pyromane, violeur et psychopathes arpentent alors les rues poussiéreuses de la ville ! Au final le tout n'est pas déplaisant, mais il est vrai que j'attendais plus de la part d'Umberto. Kerozene

MAN FROM DEEP RIVER  aka Il Paese del sesso selvaggio aka Deep River Savages aka Mondo Cannibale, 1972, Italie

Un explorateur anglais part en exploration dans la jungle thaïlandaise dans le but de prendre des photos. Il est alors kidnappé par une tribu indigène qui le garderont prisonnier dans le village et lui infligent plusieurs tortures. Tranquillement, notre héros adopte le mode de vie de ses ravisseurs et réussit à gagner leur amitié.

Considéré par plusieurs comme étant le premier film de cannibales, bien qu'il n'y ait qu'une seule scène avec des anthropophages, THE MAN FROM DEEP RIVER, alias Le Pays du Sexe Sauvage, est possiblement l'un des chef-d'oeuvre du genre. Le film comporte d'énorme ressemblance avec JUNGLE HOLOCAUST, narration du personnage principal, belle indigène aux seins nue qui vient en aide au héros et la plupart des dangers rencontrés sont les mêmes. Par contre, le film de Lenzi ne montre presque pas de sang, préférant plutôt se concentrer sur la psychologie des personnages. Ce facteur aide énormément, le film est bien moins con que CANNIBAL FEROX ou EATEN ALIVE BY CANNIBALS, deux films que j'adore en passant. Oncle Freak

MEURTRE PAR INTERIM aka UN POSTO IDEALE PER UCCIDERE aka Deadly Trap aka Dirty Pictures aka Oasis of Fear - Umberto Lenzi, Italie avec Ray Lovelock, Ornella Muti, Irene Papas, Michel Bardinet, Sal Borgese, Umberto Raho, 1971, Italie, 1h30

Dick et Ingrid, couple de jeunes hippies du Nord de l'Europe (lui est anglais, sa nana est danoise), partent en Italie à bord de leur vieux spider MG jaune. Avant de quitter Copenhague pour l'Italie, ils achètent un stock de revues polissonnes dans un sex-shop. La vente de ces revues aux autochtones leur permettra de financer leurs vacances d'été. Bientôt poursuivis par les carabiniers, les deux jeunes touristes trouvent refuge dans une grande maison isolée. Les voilà confrontés aux troubles desseins de la maîtresse des lieux...

Présenté comme un giallo, ce film mouvementé d'Umberto Lenzi est effectivement ordonné autour d'une disparition mystérieuse. Il y a bien des cadavres et des personnages qui se manipulent mutuellement, des zooms et un découpage habile (marques de fabrique habituelles de Lenzi), mais point de tueur masqués ou d'armes blanches en revanche. Qu'importe au fond si ce film laisse un peu sur sa faim le giallophile invétéré qui sommeille en beaucoup de nous. L'intérêt du film se situe davantage dans son humour et le sous-texte ironique véhiculé par les héros. Lenzi utilise en effet ses personnages de hippies nordiques pour régler ses comptes à l'Italie bourgeoise, présentée comme catholique et coincée. Les deux interprètes principaux sont bien distribués dans leur emploi : Ray Lovelock, Italien blond et longiligne, ne correspond en rien aux stéréotypes du macho latin et peut jouer les Anglais de manière crédible. Quant à Ornella Muti, mineure à l'époque du tournage (la belle est née en 1955), ses origines baltes lui permettent de faire une Danoise plus vraie que nature, les jambes rasées en plus... Tout le film baigne dans une atmosphère très pop et ensoleillée, par la grâce d'une bande-son soft-rock prodigieuse de l'inconnu Bruno Lanzi (les chansons me semblent interprétées par les deux jeunes acteurs principaux). Bref, Lenzi avait réussi là un giallo moyen mais sympathique. Son film est devenu avec le temps un grand moment de "lounge-cinema" nostalgique, qui se visionne (et s'écoute - la trame sonore est un régal, j'insiste) très bien accompagné d'un Martini blanc citron ! Stelvio

 

 

 

 

NIGHTMARE CITY aka City of the Living Dead aka Incubo sulla città contaminata aka Invasion by the Atomic Zombies aka Nightmare aka L'Avion de l'Apocalypse aka L'Invasion des Zombies, 1980, Italie

Un avion cargo débarque une flopée de zombies atomiques plus rapides que Guy l'Éclair. Le gouvernement ne dit pas un mot, de peur de créer la panique. Un journaliste stoique qui a assisté à l'atterrissage stoïquement et sa femme essaient de s'en tirer, mais bientôt la ville entière est envahie.

Vont-ils y parvenir, vont-ils se réveiller, le journaliste parviendra-t-il à bouger un des muscles de son visage ?

Mazette, si je l'ai déjà vu, je l'avais complètement oublié. Quel magnifique plaidoyer contre les radiations de l'atome et la bêtise humaine. En tout cas, si l'ensemble est de petite facture, ça bouge en masse. Les zombies ont une bouille à la Toxic le ravageur, les Italiennes sont mignonnes et les textes moralisateurs sont cuculs longtemps. De quoi passer un bon moment à tout le moins. Mario Giguère

Les usagers de ce babillard savent que j'aime bien les films d'Umberto Lenzi pour leur rythme, leur caractère sans concessions et la fureur dont ils sont habités. Celui-là ne fait pas exception.

1980 : c'est l'époque où les films de zombies de Romero et Fulci triomphent sur les écrans. Une productrice passe une commande à Lenzi : mettre en images un scénario qu'il n'a pas écrit, pour une fois. Lenzi accepte, à condition de pouvoir s'impliquer un peu, et d'en faire des zombies différents. Quelques querelles s'ensuivent, et chacun plie.

Lenzi est notamment forcé d'accepter l'acteur mexicain Hugo Stiglitz, qu'il trouve tout à fait insignifiant.

Malgré cela, son film est du pur " Lenzi ", à savoir qu'il n'y a pas une seconde de temps mort. À quoi ressemblent les zombies " Lenziens " ? Pas difficile à imaginer : ils courent, sont hyper-violents, frappent sur tout ce qui bouge. On les croirait en pleine prise d'otages dans un polar italien, et c'est compréhensible dans la mesure où Umberto Lenzi est avant tout un cinéaste de (bons) films d'action.

Plus qu'un film d'épouvante, malgré les effets gore parfois approximatifs, c'est donc à un thriller d'action qu'il faut s'attendre. Il y a là une dose d'humour noir et de surréalisme appréciable, entre autres lorsque les héros se rendent dans une église habitée par un zombie-prêtre qui les attaque à coups de cierge ! D'autres moments de ce genre peuplent NIGHTMARE CITY, mais je ne les révélerai pas pour ne pas gâcher votre plaisir.

Le temps file, on ne s'ennuie pas, et il faut prendre le film pour ce qu'il est : une commande consciencieusement réalisée par Lenzi, qui a su y infuser son habituelle vivacité.

L'édition DVD d'Anchor Bay contient, comme d'habitude, un documentaire assez révélateur sur le film. Si les commentaires de Lenzi semblent parfois accorder un peu trop d'importance à un sous-texte social dont le film apparaît somme toute assez peu porteur, il faut prendre ces explications avec un grain de sel. Après tout, Fulci lui-même affirmait que LA scène choc de FRAYEURS (celle avec John Morghen) était " un cri qu'il avait voulu lancer contre un certain type de fascisme ", cette explication étant assez incompréhensible.

Demeure ce film dont le titre espagnol signifie L'INVASION DES ZOMBIES ATOMIQUES, probablement une manière appropriée de décrire ces monstres virulents et rageurs. Howard Vernon

(Un merci spécial à Black Knight pour quelques précisions utilisées dans cette critique)

Les insomnies frappent parfois avec une redoutable efficacité, et je me retrouve devant le poste les yeux injectés de sang par le sommeil en surveillant des morts vivants spaghettis qui débarquent en ville depuis un avion plus ou moins dégringolé sur l'aéroport. Tout ce carnage au son de l'incorrigible Stelvio Cipriani :décidément celui-là il touille l'électricité et le funk avec cent fois plus de mauvais goût que n'importe quel combo derrière Donna Summers, une véritable  liqueur en fusion dans oreilles.

Le genre du film apparaît vite très clairement dès le début, dès que les faces de pizza déboulent après deux minutes d'attentes insoutenables devant la porte obstinément close du zinc : il s'agit d'un film de zombies, en pleine conformité avec le titre de certaines jaquettes vidéos (" l'invasion des zombies ").

Pour re-préciser (à toutes fins utiles), les " zombies " sont des amis cliniquement morts mais néanmoins qui bougent, puis qui pullulent de plus en plus, voire qui s'attellent à aider les mémés à traverser sur les passages piétons tout en proposant de pousser les caddies pleins de poireaux jusqu'à leurs maisons.

Mes trois phrases préférées sont prononcées, dans la version française en ma possession, par le personnage du général, commandant les troupes de l'armée officielle qui défendent tant bien que mal (c'est-à-dire mal) la cité :

- "le premier résultat des recherches de nos savants est que ces gens sont des terrestres",

- un peu plus tard : "diffusez la consigne à tous les hommes : on garde son calme et on vise les têtes",

- et enfin : "le président a décidé de ne pas affoler la population et de garder secrète l'information de l'invasion : en premier lieu nous devons donc protéger les mairies et les banques".

L'explication finale présente un caractère nucléaire, toujours en pleine conformité avec le titre de certaines jaquettes vidéos (" atomic zombies ") : il s'agit en effet d'un brûlot datant de 1980, le sérieux du propos le plaçant bien entendu au niveau des regrettés Dossiers de l'Écran français ou autres émissions d'investigation d'envergure proposées par les grandes rédactions de chaînes de télé prestigieuses.

A noter l'incontournable passage par la station service en recherche ultra désespérée de carburant, John Davidson Rockefeller a eu un sacré flair en 1863 de lâcher l'élevage de volaille pour tout investir dans le pétrole.

Un petit tour dans le grand huit, un petit tour en hélicoptère, ah oui que le sommeil réparateur est bien mérité après toutes ces cascades, mais gaffe aux cauchemars ouarf !  Bigeyes

OPÉRATION CASSEURS aka NAPOLI VIOLENTA aka VIOLENT PROTECTION aka VIOLENT NAPLES aka DEATH DEALERS aka aka SOS JAGUAR OPÉRATION CASSEURS - Umberto Lenzi avec Maurizio Merli, John Saxon, Barry Sullivan, Elio Zamuto, Gabriella Lepori, Silvano Tranquilli, 1976, Italie, 1h35

Dès son arrivée à Naples, le commissaire Betti (Maurizio Merli) est accueilli par le "Président" (Barry Sullivan), vieux mafieux régnant sur la pègre locale, qui lui conseille de ne pas se mêler de certaines affaires. De quoi motiver encore davantage l'incorruptible commissaire avide de justice. Aidé d'agents spéciaux efficaces et dévoués, Betti va donner un grand coup de pied dans la fourmilière mafieuse de la ville...

Oh le magnifique polar que voilà !!! Dans cette aventure napolitaine du commissaire Betti, Umberto Lenzi se surpasse encore plus qu'à son habitude d'alors dans le genre policier. Le cinéaste se trouve incontestablement au sommet de son art en cette année 1976, qui constitue également l'apogée du "poliziesco", le point culminant de cette vague de thriller urbain qui déferle alors sur l'Italie, en même temps que l'insécurité et le terrorisme rouge ou brun... L'art du découpage, l'exploitation optimale du sublime décor napolitain, la capacité à croquer des seconds rôles de gangsters aux trognes délectables : tous les talents de Lenzi se combinent ici harmonieusement pour donner naissance à un incontestable classique du genre. Avec LE CYNIQUE, l'INFÂME ET LE VIOLENT et LA RANÇON DE LA PEUR, cette OPÉRATION CASSEURS est certainement le meilleur polar réalisé par Lenzi au cours de la décennie.

Maurizio Merli n'a jamais été aussi efficace en flic gandin et hargneux. John Saxon donne une réplique idéale en Capuano, truand de la haute, conduisant sa Ferrari 400 avec arrogance. Elio Zamuto se surpasse également dans la peau de Franco Casagrande, une crapule qui nargue les flics jusqu'au jour où... (vous verrez bien). Silvano Tranquilli, avec ses mines de patricien, compose un bourgeois terrorisé. Même Barry Sullivan, en "guest-star" hollywoodienne sur le retour (rôle tenu parfois par James Mason - dans LA PEUR RÈGNE SUR LA VILLE de Giuseppe Rosati - ou James Whitmore - dans LE TÉMOIN A ABATTRE (HIGH CRIME) de Castellari) ne fait pas trop "pièce rapportée" et ajoute de la crédibilité au film.

OPÉRATION CASSEURS va à 200 à l'heure, de fusillades en poursuites, de mises à mort sadiques en enlèvements. Aucune scène mélodramatique ne ralentit vraiment l'action : les personnages féminins sont réduits à la portion congrue (mention à Gabriella Lepori, très craquante). Cette extrême vélocité n'empêche jamais Lenzi de garder le fil de sa narration. Ce film voit par ailleurs apparaître pour la première fois le petit Gennarino (Massimo Deda), personnage qui périra dans l'excellent NAPOLI SPARA (ASSAUT SUR LA VILLE) de Mario Caiano (1977), puis ressuscitera grâce à la caméra magique d'Alfonso Brescia (ah, ah, ah !) deux ans plus tard dans LES CONTREBANDIERS DE SANTA LUCIA. Le puzzle mafieux prend forme sous nos yeux, jusqu'à un dénouement aussi explosif qu'implacable. Jamais on ne regarde sa montre, et les 95 minutes s'écoulent à la vitesse grand V. Comme véloce... Chapeau, Monsieur Lenzi ! Stelvio

ORGASMO aka Orgasm aka Une folie d'aimer aka Sadismo aka Paranoia - Umberto Lenzi avec Carroll Baker, Lou Castel et Colette Descombes, 1969, Italie/France

Kathryn (Carroll Baker) est une milliardaire. Elle vit dans l'ennuie et la solitude dans sa vaste demeure. Elle fera la rencontre de Peter (Lou Castel) avec lequel elle aura une aventure. Bientôt, le couple fera la rencontre d'Eva (Colette Descombes), une amie de Peter et les trois auront des soirées endiablées d'alcool et de sexe. Rapidement, Peter et Eva manipuleront Kathryn afin d'essayer de la rendre folle pour essayer d'avoir son argent. Des photos compromettantes de Kathryn nue avec Peter et Eva afin de la manipuler davantage n'aideront pas sa cause.

Cette production Italie-France, est pour le moment, le meilleur Lenzi que j'ai vu. Il s'agit d'un Giallo, mais sans tueur, mais qui carbure comme bien d'autres avec le thème de la manipulation (un peu à la Diabolique de Clouzot). Le casting est parfait et l'intrigue, malgré une certaine lenteur au début, fonctionne rondement une fois que tout est mis en place. La musique est excellente, il y a de bonne nudité de Colette Descombes et il y a une bonne " twist ending ". Il s'agit d'une oeuvre maitresse du giallo de manipulation qui mérite une meilleure distribution (pas disponible en dvd officiel). Il est à noter que ce ORGASMO n'est pas à confondre avec PARANOIA de Lenzi. Puisque ORGASMO avait été rebaptisé PARANOIA aux U.S.A, c'est facile de les mélanger. Black Knight

PARANOIA aka A QUIET PLACE TO KILL aka UNA DROGA LLAMADA HELEN aka UN TRANQUILO LUGA PARA MATAR - Umberto Lenzi avec Carroll Baker, Jean Sorel, Anna Proclemer, Alberto Dalbes, Marina Coffa, 1970, Italie/France/Espagne, 1h34

Helen (Carroll Baker), pilote automobile de haut niveau, se remet d'une violente sortie de piste. Son ex-mari, Maurice (Jean Sorel), lui propose de venir se reposer quelques jours dans sa grande maison de Majorque. Helen accepte et a la surprise de découvrir dès son arrivée Constance (Anna Proclemer), la nouvelle femme de Maurice, qu'elle ne savait pas remarié. Immédiatement, le doute s'installe et la tension monte entre les occupants de la grande villa...

Ce giallo est certainement le moins connu de tous ceux tournés par le très prolifique Umberto Lenzi. Souvent confondu avec ORGASMO (retitré pour tout simplifier... Paranoia aux États Unis !), il appartient à la sous-catégorie des "giallos de manipulation", tels SI DOUCES, SI PERVERSES. Plus tard, Lenzi, toujours apte à suivre la dernière mode avec aisance (opportunisme diront les mauvaises langues), illustrera l'autre sous-catégorie, celle des giallos "purs et durs", avec tueurs masqués et morts violentes (voir LE TUEUR A L'ORCHIDEE ou EYEBALL). Mais c'est une autre histoire...

Revenons donc à ce PARANOIA. Cocktail de suspense, d'érotisme et de soleil (jolis décors baléariques), ce film constitue un bel exemple de "lounge cinema". La mise en scène, standardisée avec talent, ramène davantage au roman-photo qu'aux séries noires (jaunes en Italie). Jean Sorel est fascinant de neutralité et de faux détachement dans le rôle masculin principal. Quant à Carroll Baker, qui incarne pourtant au départ un personnage de "pétroleuse", elle retrouve vite son registre habituel : la blondeur hitchcockienne sadisée. Tant mieux, elle n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle joue l'effroi ! Au final, c'est un giallo un peu paresseux, comme en pilotage automatique, mais loin d'être désagréable, pas le meilleur de Lenzi, ni sans doute le pire. Si on devait le noter, il faudrait lui mettre 10/10 moins un point par giallo d'Umberto Lenzi déjà visionné. Le DVD de l'éditeur japonais Trash Mountain Video présente une copie bien nette (en italien seulement).

Réplique culte : "Les puritaines sont les meilleures au lit !" (Le personnage de Jean Sorel à sa femme, qui trouve Carroll Baker un peu coincée) Stelvio

SANDOKAN LE TIGRE DE BORNEO aka SANDOKAN THE GREAT aka Sandokan, la tigre di Mompracem - Umberto Lenzi, , 1963, Italie/France/Espagne

Lors de la colonisation des Indes par les Anglais, un héros légendaire souleva son peuple opprimé afin de montrer aux méchants britanniques qu'ils ne sont pas ici chez eux. Juste cause donc, pour ce justicier nommé Sandokan dont le père est retenu prisonnier. Sandoka n'a d'ailleurs qu'une seule idée en tête: le faire libérer. Accompagné de ses hommes, il se rend dans une place fortifiée dirigée par un vil officier britannique aux rouflaquettes touffues. Après avoir purement et simplement massacré tous les occupants, ou presque, ils kidnappent la nièce de l'officier en question dans le but de l'échanger avec le père de Sandokan, le héros aux chemises saillantes. Mais les troupes britanniques étant à leur trousses, ils décident de traverser la jungle malgré tous les dangers que cela implique. Cependant un problème persiste: un traître se cache parmi eux... puis - surprise - la nièce tombera amoureuse du héros malais...

Steve Reeves laisse tomber les héros aux muscles huilés pour investir le personnage de Sandokan pour la première fois. Fini la démonstration pectorale, il ne tombe pas la chemise et se concentre sur son personnage, probablement soucieux d'attirer l'attention sur son jeu d'acteur. Exercice qui ne lui va pas si mal en fin de compte. Les péripéties de la bande d'amis à travers la jungle sont extrêmement classiques: Sandokan se bat contre un tigre, ils grimpent aux arbres pour éviter une charge d'éléphants, ils rencontrent des sauvages coupeurs de têtes... Des événements clichés entre lesquels Lenzi insèrent des dialogues formatés et quelques stock-shots d'animaux exotiques comme des gros lézards ou des singes. Aventure, romance et une pincée d'humour font de ce SANDOKAN un divertissement correct mais sans surprise, qui sent par moment le bricolage comme en atteste la scène de lutte contre le tigre. Lenzi redirigera Reeves l'année suivante pour la suite des aventures de Sandokan dans LES PIRATES DE MALAISIE avant d'abandonner le personnage à Ray Danton. Kerozene

SEVEN BLOOD-STAINED ORCHIDS aka SETTE ORCHIDEE MACCHIATE DI ROSSO aka Seven blood-stained orchids  aka Puzzle of the silver half moons  aka Sette volti per l'assassino - Umberto Lenzi avec Uschi Glas, Antonio Sabato, Marisa Mell, Pier Paolo Capponi, Petra Schürmann, Claudio Gora, Franco Fantasia, Rossella Falk, Marina Malfatti, Renato Romano, Gabriella Giorgelli, Aldo Barberito, Bruno Corazzari, Ivano Davoli, Linda Sini, Nello Pazzafini, Enzo Andronico, Fulvio Mingozzi, Nestore Cavaricci, Carla Mancini. 1971, Italie/Allemagne de l'Ouest, 88min uncut

Une Mercedes noire parcourt les rues. Une prostituée est retrouvée morte dans un parc, une lune argentée à la main. Quelques jours plus tard, une artiste subit le même sort, l'objet fétiche inclus. Lorsque Giulia (Uschi Glas) devient la prochaine cible du meurtrier, elle et son fiancé Mario (Antonio Sabato - Crimebusters) entreprennent de mener l'enquête eux même. Ensemble ils découvrent une liste de noms de femmes qu'ils croient être les prochaines victimes de l'assassin vêtu de noir...

Basé sur un " krimi " d'Edgar Wallace, ce giallo d'Umberto Lenzi (Spasmo) est complètement systématisé à la manière établie par Mario Bava : tueur portant manteau long, chapeau, et gants noirs; vision subjective de l'assassin; misogynie assumée, etc... Lenzi va même jusqu'à répéter la scène du meurtre dans la baignoire de Blood and black lace : victime sous l'eau, les yeux grands ouverts. Si les premières minutes sont délicieusement brutales - une pute battue avec une planche de bois! --, le film perd rapidement de son momentum et ce, jusqu'à la faible finale. L'intrigue est exposée dès le début, et nous sommes sujets aux investigations de Sabato, rythmés par la trame sonore souvent " easy tempo " d'un Riz Ortolani (Cannibal Holocaust) en grande forme. Ceci dit, le milieu du film ralentit considérablement, mais le troisième acte remonte un peu la pente - le meurtre à la perceuse est plutôt appréciable. La direction photo d'Angelo Lotti s'avère juste assez atmosphérique, et le montage d'Eugenio Alabiso (The Cynic, the rat & the fist) découpe les demoiselles (souvent nues) en parfaite synchronisation avec l'assassin. Les performances sont bonnes, mais aucun personnage n'est mémorable, voire attachant. L'actrice aux yeux d'émeraudes, la jolie Marisa Mell (One on top of the other), livre un double rôle. Un giallo à la lettre, mal rythmé, mais néanmoins divertissant. Humanoidzombie

Ce 4e giallo d'Umberto Lenzi est considéré comme l'un de ses meilleurs, parmi les admirateurs du cinéaste italien. On y retrouve en effet le sens de la concision propre au réalisateur/scénariste, de même que la nervosité du montage, avec, en prime, un scénario concis et intrigant, et une bande sonore plaisante de Riz Ortolani.

Aucun ténor du genre ne vient cependant rehausser l'interprétation. On y retrouve Antonio Sabato, vu dans de nombreux westerns et polars à l'Italienne, qui, s'il interprète son rôle avec efficacité, n'est pas le comédien le plus charismatique que j'aie vu. À ses côtés, Marisa Mell (Diabolik), Rossella Falk et Uschi Glas.

Le film débute avec trois meurtres en dix minutes (sacré Lenzi). Il n'en faut pas moins (on l'espère) pour que la police italienne soit intriguée et se mette à la recherche de ce tueur qui laisse un curieux talisman en forme de croissant de lune sur ses victimes. L'une d'entre elles échappe à la mort, mais les médias décident de faire croire au tueur qu'il a réussi son coup : moyen efficace de protéger la victime et de poursuivre l'enquête. La victime en question a déjà travaillé dans un hôtel, et elle se souvient d'avoir vu un touriste américain porter le talisman en question.

C'est là le point de départ d'une enquête complexe où il s'agit, comme dans beaucoup de polars, de remonter à la source du mystère. Les motivations du tueur s'avéreront un peu douteuses (c'est souvent le cas dans le giallo), mais je me souviens avoir vu nettement pire ! En fait, Lenzi s'en tire avec les honneurs...

L'une des constantes du cinéma de Lenzi, c'est sans doute l'univers de violence qu'il décrit. Les meurtres sont ici assez brutaux, particulièrement pour 1971, et particulièrement l'un d'entre eux (que je tairai pour ne pas en dévoiler la surprise).

Il s'agit en définitive d'un giallo réussi. Ce n'est peut-être pas l'ultime chef-d'œuvre d'un genre ayant donné lieu à de nombreux films, mais il mérite sa réputation positive. Howard Vernon

SPASMO - Umberto Lenzi avec Robert Hoffmann, Suzy Kendall, Ivan Rassimov, Maria Pia Conte, Adolfo Lastretti, Franco Silva, Mario Erpichini, Guido Alberti, Monica Monet, 1974, Italie, 94m

Un jeune play-boy, Christian, découvre un corps de femme sur la plage. Il la croit morte mais découvre qu'elle est bien vivante et qu'elle ne se rappelle pas ce qui l'a amenée ici. Elle dit s'appeler Barbara. Christian a l'occasion de la revoir plus tard au cours d'une réception à bord d'un yacht. Visiblement attirés l'un envers l'autre, Barbara invite Christian chez elle. Alors qu'il est aux toilettes, un inconnu pénètre par la fenêtre et le menace avec une arme. Christian se défend et tue accidentellement son agresseur. Il fait part de l'incident à Barbara qui lui suggère de fuir avec elle plutôt que d'avertir la police. Il accepte mais revient à la maison de Barbara une heure plus tard pour récupérer un objet compromettant. Il a alors la surprise de découvrir que le cadavre de son assaillant a disparu. Réfugié avec Barbara chez des amis, Christian essaie de comprendre ce qui se passe mais le cauchemar ne fait que commencer pour lui et il ira de surprises en surprises: entre autres que son bien-aimé frère Fritz n'est peut-être pas étranger à ce qu'il lui arrive.

Umberto Lenzi a visiblement voulu avec ce giallo s'orienter vers le suspense psychologique plutôt que l'accumulation de meurtres et l'érotisme. Ce choix est heureux même si l'intrigue est artificielle et que certaines situations sont tirées par les cheveux. L'intérêt ne faiblit pas, grâce à une aura de mystère permanent qui entoure les personnages, dont leurs malheurs tiennent davantage du rêve que de la réalité. Lenzi profite d'ailleurs de l'occasion pour jouer sur le processus d'identification des personnages avec le public, afin de mieux le surprendre. L'histoire est divisée en deux parties: la première expose les évènements tandis que la deuxième les explique grâce à de nombreux rebondissements surprenants. Il y a bien plusieurs effets gratuits mais dans ce contexte surréaliste de cauchemar, ils sont plus faciles à digérer. Notons également l'excellente trame sonore d'Ennio Morricone qui est un ravissement pour l'oreille. Robert Hoffmann délaisse l'univers de Vischonti et interprète ici pour une rare fois un rôle dans un film commercial avec tout son talent. Ivan Rassimov contrôle mieux son jeu que d'habitude. Mathieu Lemée

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